Voici le compte rendu à chaud du week-end :
Arrivée jeudi soir. Il semble que
la route depuis Paris par Clermont Ferrand soit un peu plus longue que par
Limoges, mais ça change. Petite escale pour voir Rodez by
night. Ville plutôt morte, bourgeoise, la cathédrale est jolie mais les rues
pavées qui l’entourent, n’abritent que des magasins de fringues classios. On
apprend par la suite que c’était peut-être le calme avant la tempête car
Hollande était en visite le lendemain pour l’inauguration du musée Soulages.
Manif et séquestration d’élu par la conf… !
On arrive à Marcillac, Diane est
chez des amis à Clairveaux, on y va pour chercher les clés. Magnifique demeure
au cœur du village habitée par le Zine ( ?) personnalité locale apparemment.
La nuit fut bonne, on décolle
dans la matinée pour visiter les alentours d’Anglars. 1ere étape :
Belcastel. Magnifique village médiéval au bord l’Aveyron. On continue par
Rieupéroux pour aller voir l’école de Prévinquière, à vendre ! Les campagnes
sont jolies. Pique nique autour de Villefranche de Rouergue avant d’aller faire
un tour dans la ville. Il fait à peu près beau. On arpente les rues autour de
la cathédrale avant de prendre un petit chemin qui longe l’Aveyron. On découvre des petits jardins ouvriers et de
très belles maisons. Le chemin nous amène jusqu’à la Chartreuse, ancien
monastère.
Retour au centre pour boire un
verre. La ville nous plait bien, bonne ambiance et vivant.
Il nous reste quelques heures
avant le début des festivités à Anglars. On en profite pour aller voir le
calvaire de Saint Jean d’Aigremont qui surplombe Villefranche. Très
jolie ! Puis on flâne sur les routes du retour en s’arrêtant ici et là et
en regardant des maisons abandonnées.
On traverse donc Anglars sur les coups
de 21h. Pas grand monde. Ca nous fait un peu peur. On préfère aller pique
niquer un peu plus loin, au dessus d’Aubignac, hameau très mignon et très calme
sur la commune d’Anglars. On reviendra quand la soirée aura prise.
Retour vers 22h, le bal folk bat
son plein dans la salle des fêtes. On a un peu peur de l’accueil qu’on pourrait
recevoir. L’adjointe au maire nous reconnaît et nous met à l’aise :
« vous êtes venu pour la fête, comme vous l’aviez dit » qu’elle nous
dit ! Elle nous invite à danser la fin d’une mazurka, un coucou puis un
petit cercle circassien. Rigolade.
Le vendredi soir, c’est 2 scènes,
2 ambiances alors on va jeter un coup d’œil à la 2e scène, plus
« djeuns » (bases trad. Remixé limite hard rock !). Et là, qui
s’est-y qu’on croise pas ? Régis. On se reconnaît, un petit temps
d’adaptation pour nous remettre. On commence à discuter. Il nous demande où on
en est avec le terrain. On lui dit qu’on a refait une proposition, il nous fait
un signe entendu pour nous demander si on a baissé. Oui. « Vous avez bien
fait ».
Assez rapidement le voisin,
proprio de Guilhem et Soizic, arrive. Régis nous présente. C’est un jeune
d’environ 35/40 ans. On leur paye une bière. Et les discussions informelles
commencent. Voici le résultat des infos :
- Régis nous glisse qu’il a
rendez-vous chez le notaire pour discuter de son bail qui n’est plus valable
depuis la mort de Mr Bras. Il veut lui poser des questions pour savoir ce qu’il
en est « il faut bien que je me protège » dit-il. Puis « il va
falloir que j’en fasse un nouveau, avec qui, je sais pas ? » regard
appuyé « faudra voir pour s’arranger », re-regard appuyé. On
acquiesse « oui bien sûr »……………. !!!!!!
- On lui parle du plan de
fermage. Il nous dit qu’il a re-regardé et qu’en fait, on a déjà une plus grande
parcelle que celle qui nous avait montré (de la route au peuplier, voir photo ).
- Il nous demande jusqu’à quand,
on reste, où est ce qu’on dort. On lui répond qu’on est chez une amie à
Marcillac mais qu’on a pris les tentes au cas où. Il nous dit « oh bah on
a enlevé les charrettes de la grange pour la fête, alors y a de la
place…. » ……..
- On voit sa femme, ses enfants,
on discute ….. (Sa femme avait déjà 2 enfants quand ils se sont mariés. Ils ont
eu la dernière ensemble).
- Le voisin (manu ?) dit à Agathe (ton bon enfant et blagueur mais je-cherche-des-infos-quand-même) :
« faudra que vous nous expliquiez un jour ce que vous faites vraiment
hein ?! »
Agathe : Oh bah vous savez… blablabla (vous connaissez l’histoire)
Voisin : Ah ok, parce que bon, je dois vous dire qu’on avez quand
même un peu peur.
Agathe : Ah ouais, peur de quoi ?
Voisin : Ben vous savez, ici entre nous, entre agriculteur, on
est bien soudé. On fait notre boulot, on n’a des pratiques bonnes ou pas bonnes
je sais, mais on n’a pas envie qu’on vienne nous embêter et nous dire ce qu’on
doit faire. Moi je suis président de ….(je
sais plus quoi) , on se soutient tous mutuellement et bon… avec Régis…
Sur ce, je le rassure, on n’est pas venu pour rentrer en conflit, on
veut s’arranger, et déjà se présenter et vous connnaître….
Bref, vous comprenez l’idée.
Et lui de reprendre : et alors, vous êtes 4 couples c’est
ça ?
Agathe : Heu……. Non pas vraiment.
Il sourit : Vous avez des enfants ?
……heu……
Il rigole : Bon en même temps, moi j’ai 2 enfants mais j’ai plus
de femme alors bon…. !
Voilà, l’info qu’il est célibataire est glissée discrètement !
Bon tout cet échange nous montre que malgré le côté bien paysan, le
gars a l’air honnête, il nous avoue ses peurs cash, pas de détours. En plus,
ses peurs nous semblent légitimes. Ils ne savent pas non plus à quoi
s’attendre. On n’est pas vraiment du même monde mais ils ont l’air ouvert
malgré tout. Et gentils.
Lui et Régis nous paient la
prochaine tournée de bière !
On débriefe sur le chemin du retour vers Marcillac. Supers contents de
cette première approche et des infos collectées dans la soirée !
Samedi
Matinée tranquille chez Diane, on lui file un coup de main pour
déménager quelques trucs. On mange avec elle et son pote Vincent avant de
partir.
On arrive un peu tard pour le concours de pétanque. Les équipes sont
déjà en train de chercher un terrain sur tous les espaces disponibles du
village. C’est plutôt bonne ambiance, pas le gros concours quoi.
Petit tour du village, rencontre avec le petit vieux qui fait visiter
l’église puis direction le Frau, sous le soleil !
Aaaaaahhh le Frau !! Les herbes ont rudement poussés. Il est tant
de venir entretenir tout ça ! Sauf sur le champ, fraichement coupé pour
les vaches. Les clôtures ont changés, on se demande si c’est pour les vaches ou
pour délimiter le fermage.
On cherche le peuplier et se rend compte qu’on est vraiment des
quiches pour reconnaître les arbres, ça ne va pas du tout ! A base de smartphone,
on identifie le peuplier (au milieu sur la photo), ça fait quand même un bon
bout de parcelle.
On fait le tour du terrain pour voir l’espace qu’on aura, la
possibilité de poser des yourtes ou autres habitats. Plutôt surpris de la place
qu’il y a.
On se pose pour la sieste au soleil devant le four à pain, face à la
maison et au tilleul (qui n’en est pas un !). Une voiture passe sur la
route : Régis et sa femme. Ils ralentissent, on va les voir et discute
tranquillou. Régis nous dit « vous êtes revenu faire des
plans ? ». On répond qu’on profite d’être dans le coin et du soleil
pour rêver un peu. On continue à discuter, la femme nous explique ce que nous
verrons par nos yeux plus tard dans la soirée : les classards ! C’est
une tradition, les jeunes entre 16 et 18 ans font le tour du village dès le
matin pour proposer des sous contre quelques sous ou quelques verres. Elle nous
dit qu’ils ne finissent pas frais à la fin de la journée. Son fils y est.
« Tant qu’on appelle pas le SAMU, ça va » !!
On continue notre sieste et visite. Deux employés communaux viennent récupérer
les barrières bloquant la route pour le pont écroulé (il a été réparé !).
On leur dit qu’on est les futurs acheteurs. Ils sont très gentils, nous disent
qu’ils n’habitent pas loin. Plus tard, ils nous payent l’apéro !
Ensuite, c’est un vieux papy qui débarque. Il est venu chercher de
l’osier, il sait qu’il y en à dans le jardin. Il connaissait bien Mr Bras et
nous en parle avec émotion. On lui dit qu’on est les futurs acheteurs, il nous
répond « ah bah les futurs voisins donc ». Tout a fait !
Bon, il va essayer de trouver de l’osier parce que sinon, il pourra
pas tresser de panier pour la fête demain. Les siens, d’osiers, sont « dur
comme des baguettes de tambours », il a oublié de les faire tremper.
Petite ballade jusqu’aux parcelles de bois avant de retourner prendre
l’apéro au village.
On voit débarquer une bétaillère qui s’arrête pile devant la salle des
fêtes. Les fameux classards qui descendent ! Effectivement, ils ne marchent
plus très droit !! On passe une bonne partie de la soirée, au son de la
Banda bono (fanfare « sans finesse »), à les observer en buvant de la
marquisette (très bon alcool à base de vin blanc, de rhum et d’agrume même si
sa fabrication est tenue secrète !)
Pour se remettre, on mange le repas du soir, tenez vous bien :
tartiflette/saucisse ! On est refait ! En mangeant, le gars du bar
passe devant nous et discute : « moi ça fait 4/5 ans que j’ai emménagé
sur la commune d’anglars, la fête du village est super. Il y a vraiment une
bonne ambiance dans le village, pas comme à la Rouquette » (d’où il vient,
rigolo hein ?!) « Ma femme m’a quitté quand je me suis installé ici.
Les gens du coin, des paysans pourtant, des pecquennots, qui pourraient avoir
des apriori sur moi (oui je suis flics !) et bien ils sont venus me
chercher pour pas que je reste tout seul dans mon coin. »
On est touché par cette petite anecdote.
Et puis la soirée continue, on vadrouille, on discute avec l’adjointe
et son mari. Et puis vient l’heure du clou du spectacle. Le concert du
soir : Utopie !! Grandiose groupe de reprise de chansons
récentes : Pharel Williams, Indochine, JJG, Christophe Maé, Bruno Mars….
Tout y passe. La chanteuse et le pianiste en font des caisses, podium pour les
choristes (alternativement chanteuse et choriste). Bref, un grand moment.
Ensuite, ne souhaitant pas risquer quelques remarques, on va camper
pour la nuit un peu plus loin. Là où nous avions pique niquer la veille.
Le lendemain alors que l'on
émerge doucement, on croise un paysan qui repasse en voiture, s'excusant de
nous avoir réveillé, "J’ai vu que vous dormiez, je ne voulez pas vous
réveiller mais je n'avais pas trop le choix de passer, fallait que je m’occupe
des animaux...” Quel bel accueil du camping sauvage ! ! !
On nous a dit que le "déjeuner-civet
de chèvre" du dimanche commencer à
8h et s’étaler un peu sur la matinée. On arrive après une fraîche nuit de
camping à 9h30 : plus de ticket en vente ! La femme de Régis nous
annonce avoir vendu 380 tickets en 1h30 ! Des personnes étaient arrivées
20 minutes en avance avant même qu'elle soit là pour "ouvrir le
guichet". Résignés, on fait un tour du village et on s'achète un quart de
fouasse, cuite au feu de bois, en se disant qu'on allait faire notre petit
déjeuner plus classique. Au moment de commander des cafés, la femme de Régis
nous dit qu'il reste finalement quelques tickets mais qu'il risque de manquer
une chose ou deux. On lui demande le menu de ce "déjeuner": soupe à
l'oignon, saucisse sèche, ragoût de chèvre ou tripous, fromage, fouasse café
(puis à priori gnôle pour les habitués), le tout accompagné de rouge à
volonté.... Rien que ça !
On s'installe à une table dans
la salle des fêtes encore bondée et bruyante, le repas est servi à une tel
vitesse qu'on n’a à peine le temps de finir la saucisse que la chèvre est là et
ainsi de suite.
Sorti de ce repas
gargantuesque, on s'affale au soleil (et au calme) dehors puis nous décidons
d'aller faite la sieste sur les pelouses au bord de l'eau de Belcastel.
On revient au village pour
"la grande activité de la fête" : le village au siècle passé. Nous
devons nous garer loin du village vu les centaines de voitures présentes. Les
classards ressucités sont la pour gérer le parking, en plein soleil avec une
poche de cubi à la main... ! Respect à eux car entre le soleil, la cuite
de la veille, il doivent souffrir...
Nous faisons le tour du village
un peu rapidement car nous devions repartir à 16h. Le temps quand même de
croiser l’adjointe au stand « Gâteau à la broche », de se dire au
revoir, à bientôt « bonjour aux autres… » ; D’admirer, tout
simplement magique, ces vieilles machines et tracteurs fonctionner et tout les
habitants qui ce prennent au jeux en
tenue !
L’employé communal croisé la
veille nous fait de grands signes du haut de son tas de foin (celui sur les
charrettes posées au Frau) et au stand fabrication de fromage, le proprio de
Guilhem et Soizic nous appelle avec sincérités « les futurs voisins ».
Avant de partir on paie une
bière à Régis qui faisait griller des saucisses faites à la main par sa femme.
Il essaie de faire venir la fille Bras qui n’est à priori pas loin mais mauvais
timing. « Au revoir, à bientôt » qu’on lui dit, «
j’espère », qu’il répond….
Nous sommes finalement repartis
sous le cagnard et la chaleur humaine en direction de la ville. Après quelques
heures de voitures le choc est grand, bruits, énervements, routes à 6, 8 voies,
fatigue, ... On a hâte de quitter cette région parisienne...